Concours de poésie 2020 : Kiwanis Namur Comté

Chaque année, ce concours de poésie est organisé par le service club KIWANIS NAMUR COMTÉ, en partenariat avec la Maison de la Poésie et de la langue française de Namur, la ville de Namur « Namur, ville en poésie » et la province de Namur. En 1989, le club Kiwanis Namur Comté lançait l'idée d'un concours de poésie, dans les écoles, afin d'y valoriser l'écriture poétique. Ce défi était aussitôt relevé par M.Robert Delieu, directeur de la Maison de la Poésie de Namur.

Destiné aux étudiants et étudiantes des deux classes terminales de tous les établissements de l'enseignement secondaire de la Province de Namur ; ce concours a pour ambition de susciter auprès des jeunes le désir d’exprimer leur imagination et leur créativité guidées par un thème proposé par le jury. Les 10 meilleurs textes primés sont lus, chaque année, lors de la remise des prix, dans le cadre du Marché de la Poésie de Namur.


Le thème : il s'agit de celui retenu par le Printemps des Poètes 2020 : le Courage.

Les prix : de 300€ à 50 €, des livres, des entrées diverses.

Les dates

- Rentrée des textes pour le vendredi 31 janvier 2020 à l'adresse : p.lejeune110351@gmail.com

- Remise des prix le samedi 14 mars à 14 h à la Maison de la Poésie (Rue Fumal 28, 5000 Namur).


LE COURAGE

C’est un vers de Corneille. Un vieil alexandrin célèbre, à la toute fin du Cid, qui dit le cœur, l’espoir et le triomphe du temps quelque part à Séville : « Espère en ton courage, espère en ma promesse…» Et dans cet hémistiche toute la bravoure du monde roule à l’assaut des siècles, avec tant de constance. Tant de patience passée à la postérité, comme un secret légué, mantra plus efficient que les rudes lois du sang. Et la vaillance d’outrepasser les règnes, les solitudes, les exils, les douleurs, les aurores et les disparitions.

Nos horloges sonnent l’heure du courage, écrivait Anna Akhmatova à l’hiver 1942. Tandis que Prévert tordait le cou aux pensées toutes faites dans sa « Complainte du fusillé » : La guerre déclarée / j’ai pris mon courage / à deux mains / et je l’ai étranglé. Car le mot, trop taillé pour la gloire, a parfois mauvaise presse. Pourtant le cran. Pourtant l’audace. Pourtant la virtus latine, qui fait dire à Virgile et Apollon d’une même voix : Déploie ton jeune courage, enfant, c’est ainsi que l’on s’élève jusqu’aux astres.

Cette force d’âme capable de tutoyer les étoiles en appelle aux mots de Desnos, dont Éluard affirmait, devant ses cendres revenues de Terezín, qu’il était la poésie du courage. Une poésie qui se joue la vie, l’amour, la liberté jusque dans la pire des morts. Avec ce qui me reste de courage, défoncer toute la Nuit, proposait Paul Valet, tout aussi prompt à mourir. C’est coton, le courage, même sans être corps et âme en lambeaux. La course plus que la rage. La lumière à foudroyer le noir. Comme s’il n’y avait qu’un poète pour dire cet éclat d’être sans orgueil. Cette témérité de la langue qui vous mène plus loin que la vue ne peut voir. Cette intrépidité de la parole qui nous fait défaut. Cette endurance à Raturer outre. Ce souci du poème.

Je vais droit au jour turbulent, annonçait André du Bouchet. Que l’on se nomme Blaise Cendrars ou Benjamin Fondane, Charlotte Delbo ou Sylvie Brès, Juan Gelman ou Ludovic Janvier… Tous ont osé. Et la frappe, la vitalité de l’écriture, le prodige de l’énergie poétique de nous révéler encore et toujours. Sophie Nauleau

Date(s)


Du vendredi 6 septembre 2019
au vendredi 31 janvier 2020 à 10:00




Lieu


Maison de la Poésie : Rue Fumal 28, 5000 Namur