STRAHAN Bradley (USA)

Rédacteur : mmazy
Date d'insertion : 2012-03-08 15:33:54  -  Date de modification :2012-03-08 15:33:54

Bradley Strahan

Bradley R. Strahan a enseigné la poésie à l’Université de Georgetown pendant 12 ans. Il est directeur et éditeur de Visions International Arts. Depuis 1976, il a été reconnu mondialement pour ses recueils de poésie et ses nombreux poèmes dans des pays tels que les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique, la Corée… Son travail lui a valu de nombreux prix et figure dans des anthologies de nombreux pays. Ses textes ont été traduits en français, espagnol, allemand, serbe, macédonien, coréen... Son œuvre est lue en Amérique, en Europe et en Asie. Dans le cadre du programme de la fondation Vogelstein, il a été en résidence aux Pays-Bas où il a remplacé John Ashbery comme poète américain au "Literaire Podia Amsterdam". En 2006, il a été membre du "Vertalershuis" à Leuven, Belgique. Actuellement, il enseigne la poésie à l’Université du Texas.
 
Poèmes

CRÉPUSCULE SUR L’EAU NOIRE
 
Hirondelles
en rase-mottes sur des flaques givrées d’insectes.
Quelqu’un a lancé le soleil
Dans les arbres.
Les feuilles bruissent
comme une robe de soie.
L’air fait revivre
un parfum délicieux.
 
Mensonge :
L’écorce cicatrise,
guérit les blessures.
Tu as choisi de ne pas
prendre ce sentier,
de refuser l’offrande ;
miroir noir pupille
d’eau stagnante.
 
Des chouettes hantent
les frontières de la nuit,
effraient des oiseaux écarlates.
Une tranche d’eau
avale le soleil.
Tes larmes
se figent.
Tu t’éloignes,
 
ailes de chauve-souris
sur eau de lune.
 
Traduit par Christine Pagnoulle
 
****

CHANT POUR MON PÈRE
(Frank Strahan, né Strachman, 1912-2003)
 
Cher Papa, Même avant la fin
Nous ne pouvions te toucher --
nous parlions à un fantôme,
serrions le vide de l’air dans nos bras.
Ta lente dissolution me révulsait.
Ta perte de toi-même me désespérait.
 
Si j’étais là quand tu es mort
cela aurait-il importé --
à toi, à moi, à ceux qui
nous suivent ? Mes petits-enfants
me sont étrangers. Tu étais devenu
un étranger pour les tiens, pour toi même --
planète perdue, comme nous tous
sur le bord de notre vie.
 
Qui nous prépare pour pareilles fins ?
C’est comme un voyage en train
qui traverse bien des frontières.
Chaque fois, on prend votre passeport,
le cachette, et l’espace à venir
s’en va rétrécissant.
 
Mais même quand nous arrivons
à la destination prévue
nous ne pouvons rester. Nous sommes pressés
de poursuivre vers une arrivée définitive,
la gare des archives où nous devenons
papier et photographies,
qui s’estompent, jaunissent, échappent
de plus en plus au souvenir
au fil des générations successives,
sur la même voie vers la même destination.

Traduit par Christine Pagnoulle

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