Hans Thill

Poète et traducteur, Hans Thill est né en 1954 à Baden-Baden et vit actuellement à Heidelberg. Avec Angelika Andruchowicz et Manfred Metzner il a fondé en 1978 la Maison Verlag Das Wunderhorn. Il a traduit la poésie et la prose française de Philippe Soupault, Guillaume Apollinaire, Félix Fénéon et Raymond Queneau. Il a publié quatre recueils de poésie : Gelächter Sirenen, Zivile Ziele, Kühle Religionen et Museum der Ungeduld. Comme directeur du projet Poesie der Nachbarn : Dichter übersetzen Dichter, il invite chaque année 6 poètes d´un pays étranger qui sont ensuite traduits par 6 poètes de langue allemande. Dans le cadre de ce projet il a publié 6 anthologies : Russie, Angleterre, Ukraine, Suisse, Slovénie, Suède et Croatie. Depuis septembre 2010 il est également directeur de la Maison des Écrivains à Edenkoben.
Poèmes
La chair chaude des mots (Keuno)
et la froide de l'écriture. Saisis la voix
à ses gambettes contrains la dans les lignes. Prends
dans sa gueule de chien et écoute le cœur
frapper sous une peau.
Vois l'œil de l'écriture. Lis les lettres
sur le dos des acariens qui la nuit
quittent les touches. Cherche à tâtons les mots
dans la voix. Contrains les mots
dans la voix. Respire. Avale le grain de la voix. Respire.
Lance les semences des gambettes des mots.
Sens le métal froid de leur peau. Bois
l'écriture écoulée etc.
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Lance la jambe de l'écriture le chien doit nager
après. Laisse aussi nager la voix.
Caresse son pelage quand elle s'ébroue sur la rive. Vois
les mots dans les bateaux faire signe
suant dans leurs T-shirts de couleurs. Ecoute la voix
un klaxon dans le brouillard. Lis les lettres chaudes
sur les T-shirts des japonaises. La chair
froide des mots. Attrape
les jambes de l'eau dans le fleuve. Secours les suicidés
dans le courant. Ecoute la voix de mars qui comme un
vent accompagne le fleuve. Ecoute le vent qui
comme un chien accompagne le fleuve etc.