Piet Lincken

Issu de la jeune génération née après 1968, Piet Lincken mène un travail protéiforme : poète (S’entraîner au passage des abîmes, Ed. L’Age d’homme, Coll. Petite Belgique, 2011, J’ai cru voir un dieu, Ed. Le Coudrier, 2010…), dramaturge (N’éveillez pas l’ours qui dort, lauréat du Festival Scénoblique 2010, France), nouvelliste (pour la revue Chemins de traverse), traducteur de la poésie de langue suédoise (textes d’Edith Södergran dans le livre poétique de Piet Lincken, Å, itinéraire suédois, Ed. Atelier de l’agneau, 2011), textes d’analyse comme régulièrement pour Passage d’encres, revue pluridisciplinaire française, il est aussi compositeur (Psaume 49, pour chœur et orchestre symphonique, Mexico, 2006, Cycle pour soprano et piano au Parlement de la Communauté française de Belgique, 2005) et pianiste/organiste professionnel (création de ses œuvres aux grandes orgues de la Cathédrale Saint-Michel de Bruxelles, Saint-Germain-des-Prés à Paris…). Plasticien, ses travaux ont entre autres été montrés à la Galerie La Hune-Brenner à Paris.
Poèmes
Ma foi se répand en se poussant hors
d’elle-même,
en elle-même elle se manifeste.
Le geste de l’innommé sur mon lieu des délices fait paraître un rêve inouï :
l’intensité de ma foi est bien pareille à ce qui n’est rien, ma foi est vide
et c’est pour cela qu’il n’y en a pas de plus intense ;
le vent est sans consistance et pourtant
il peut être d’une force extrême.
L’un ou l’autre ciel est la preuve testimoniale de ce que comment l’amour terrasse ;
un ciel confondu à un autre ciel
c’est toujours et encore le vaste ciel.
Il n’y a plus alors de longanimité à tenir
ni d’exaucement à attendre ;
Un seul baiser et le monde est clair.
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Dans le creux de la montagne, là où il n’y a pas de chemin,
où l’eau
ravine les pentes abruptes, l’herbe rase
et les roches gigantesques, là où tout se passe mais il n’y a rien,
dans ce grand monde ouvert
au ciel, la glace reste même sous le soleil,
dans ce grand monde il faut se tenir ferme,
maintenir ensemble bouche et tête
haut et bas
respiration et étouffement
Piet LINCKEN
Textes extraits de Soufflet de forge, Ed. GJT, 2009, textes de 1992.