Teresa Colom

Poète andorrane qui est née a La Seu d’Urgell en 1973. Elle est licenciée en Économie et Hautes Études Commerciales et a travaillé pendant plus de huit ans dans le secteur financier mais actuellement elle consacre son temps à l’écriture. Elle a déjà publié : Com mesos de juny (Comme des mois de juin) en 2001, La temperatura d’uns llavis (La température des lèvres) en 2002, Elegies del final conegut (Élégies de la fin connue) en 2005 et son dernier ouvrage est On tot és vidre (Où tout est en verre, 2009). Ses lectures ont mérité diverses opinions telle que celle de David Castillo : « J’ai vu de nombreux poètes réciter leurs vers, mais Teresa Colom les explique différemment, d’une manière à la fois atmosphérique et sensuelle, avec une force chaleureuse dont elle peut tout dire si vous faites attention et si vous vous concentrez comme elle vous oblige à vous concentrer ».
Poèmes
Un lleó sembla un lleó.
Una aranya sembla una aranya.
Però des del darrere dels ulls d’un home et pot estar mirant qualsevol.
M’han dit paraules
que se m’han cargolat al coll i m’han serpentejat entre els cabells.
Sovint he semblat més feliç que no era.
Els somriures atrauen el verí de les serps.
On tot és vidre (Pagès, 2009) [Là, tout est de verre].
Un lion ressemble à un lion.
Une araignée ressemble à une araignée.
Mais derrière les yeux d’un homme n'importe qui
peut te regarder.
On m’a dit des mots
qui se sont enroulés autour de mon cou et ont serpenté entre mes cheveux.
Souvent j'ai semblé plus heureuse que je ne l’étais.
Les sourires attirent le venin des serpents.
Traduit par François-Michel Durazzo
On tot és vidre (Pagès, 2009) [Là, tout est de verre].
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Tots som vidre, i les cases, i les feines.
El ressò de les meves passes no té cap sentit,
ni el ressò de la veritat.
Les mans no parteixen les fruites podrides
i els arbres fruiters s’admiren.
Els ulls només escolten
i escolten el parpelleig mecànic dels ulls que es descompondran.
El boig intenta aixecar la moqueta
que fem créixer del terra dels nostres morts.
I aixecar-la no té cap sentit.
Ni parlar de veritats.
On tot és vidre
i, en la trencadissa, els esquerdills són de vidre.
Una massa nerviosa em constitueix i ho presencio,
i des d’ella em presencio com un experiment.
On tot és vidre (Pagès, 2009) [Là, tout est de verre].
Nous sommes tous de verre, nous, les maisons, les travaux.
L’écho de mes pas n'a pas de sens,
pas plus que celui de la vérité.
Les mains n’ouvrent pas les fruits pourris
et les arbres fruitiers nous étonnent.
Les yeux se contentent d’écouter,
ils écoutent le clignement mécanique des yeux qui vont se décomposer.
Le fou essaie de soulever la moquette
que nous faisons pousser sur la terre de nos morts.
Mais la soulever n'a pas de sens.
Ni parler de vérités.
Où tout est de verre
et, lorsque tout se brise, les éclats sont de verre.
Une masse nerveuse me constitue, j’en suis témoin,
par elle je témoigne de moi comme d’une expérience.
Traduit par François-Michel Durazzo
On tot és vidre (Pagès, 2009) [Là, tout est de verre].