Mais à quoi sert la mémoire ? À ce que le mal ne revienne plus ?
Ou peut-être que le bien se réalise ?
Les lois déniaient aux Tsiganes l’humanité,
libérant les nations civilisées du lourd fardeau du péché
Le calendrier révèle comment peut croître une idée de la justice
Celle qui aujourd’hui encore erre et crie.

Tomislav Dretar est né à Nova Gradiška (Croatie) le 02/03/1945. Titulaire dun diplôme de la Faculté pédagogique de Rijeka et d’un troisième cycle à l’Université de Sarajevo, il sera professeur à l’Université de Bihać (Bosnie-Herzégovine) jusqu’à l’éclatement de la guerre en 1992.
Par ailleurs, poète et critique, il a publié une dizaine de recueils, dont des extraits figurent dans plusieurs anthologies bosniennes, ainsi que de nombreux articles.
Dès le début de la guerre, il rachète de ses deniers des armes à un officier serbe déserteur et fonde le « 101° bataillon croate » de Bihać qui, allié aux forces musulmanes, tient tête aux troupes serbes. Lors de la rupture entre Croates et Musulmans de 1993, il refuse de se ranger aux côtés des forces nationalistes croates de Mate Boban qui essaient de fonder un État croate de Bosnie (Herceg-Bosna. Menacé de mort, il parvient à fuir l’enclave avec l’aide de la Force de Protection des Nations-Unies, à traverser la Croatie et à obtenir l’asile politique en Belgique. Il restera sans nouvelles de sa famille jusqu’à la fin de la guerre, où elle peut enfin le rejoindre. Naturalisé belge, il accepte un travail de jardinier puis de laborantin à l’UCL.
Après avoir étudié le français, il traduit en croate un recueil de poèmes de Monique Thomassettie, un récit de François Emmanuel et des nouvelles de Michel Lambert, qui seront publiés en Bosnie-Herzégovine. Il a également traduit des textes de Xavier Deutsh, William Cliff, Paul Celan, Marc Quaghebeur et quelques autres, publiés dans des revues croates. Il a enfin traduit (à partir du français) la Bible (version œcuménique) et le Coran, publiés sur le net.