Les chuchotements et la caresse
Ni les abîmes de la caresse, ni son abandon, ni ses à-côtés périlleux,
ni l'affolement de la main ou de la langue devant l'anonymat
de la vague qui emporte loin le corps caressé, ni l'après, ni l'avant
de la caresse, ni l'aveu de ses tâtonnnements, ni l'aveuglement
soudain de l'âme cajolée par ses reflets, ni les battements clignotants
du coeur que la caresse aspire, ni le besoin de la caresse,
ni sa bêtise, ni son bleu de houille qui se pose, tel une carapace,
sur des muscles froissés, ni sa bordure, ni son bout, ni sa chute
dans le roux de septembre, ni ce somptueux cimetière des caresses
sur lequel les mots parfois s'attendrissent, ni le cinéma bruyant de ses artifices [...]

©Gilles Daigneault
Née à Montréal en 1945, elle a publié, au Québec et à l’étranger, plus de trente recueils de poèmes et livres d’artistes qui lui ont valu de nombreux prix littéraires, notamment le prix de la Fondation des Forges pour Leçons de Venise (Le Noroît, 1991), le prix du Gouverneur général du Canada pour Le saut de l’ange (Le Noroît et L’Arbre à paroles, 1992), et les prix de la Société des écrivains canadiens et de la Société Radio-Canada pour Tombeau de Lou (Le Noroît, 2000). Elle est aussi l’auteure d’un récit, Ce fauve, le Bonheur (l’Hexagone 1998), d’un abécédaire, Ce désir toujours (Leméac, 2005), et de cinq dramatiques dont l’une, Voix, a été primée par les radios publiques de langue française. À l’automne 2004, Mémoires parallèles, une anthologie de son travail poétique - choix et présentation de Paul Chamberland -, paraissait aux Éditions du Noroît. En 2005, elle a reçu une bourse de carrière du Conseil des arts et des lettres du Québec. Denise Desautels est membre de l’Académie des lettres du Québec.